
Dall'unica raccolta di poesie di Catherine Pozzi, pubblicata in italiano grazie alle Edizioni Medusa, col titolo Il mio Inferno, questi versi intensi e senza tempo, tradotti da Marco Dotti..
Ave
Très haut amour, s’il se peut que je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais.
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais.
Très haut amour qui passez la mémoire,
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
O mon séjour.
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
O mon séjour.
Quand je serai pour moi-même perdue
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,
Par l’univers en mille corps brisée
De mille instants non rassemblés encore,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor
De mille instants non rassemblés encore,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor
Vous referez mon nom et mon image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l’esprit, ô centre du mirage
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Cœur de l’esprit, ô centre du mirage
Très haut amour.
Ave
Altissimo amore, se mai accadesse che io muoia
Senza aver saputo dove vi possedevo,
In quale sole stava la vostra dimora
In quale passato il vostro tempo, in quale ora
Io vi amavo.
Altissimo amore che fuggite la memoria,
Fuoco senza focolare di cui ho fatto tutta la mia luce,
In quale destino tracciavate la mia storia,
In quale sonno si vedeva la vostra gloria,
O mia dimora.
Quando sarò per me stessa perduta
E divisa nell’abisso infinito,
Infinitamente, quando sarò sconfitta
Quando il presente di cui sono rivestita
Avrà tradito,
Per l’universo in mille corpi frantumata
Di innumerevoli istanti non ancora riuniti,
Di cenere setacciata nei cieli fino al nulla,
Rifarete per una strana stagione
Un solo tesoro
Rifarete il mio nome e la mia immagine
Con mille corpi portati alla luce,
Viva unità senza nome e volto,
Cuore dello spirito, oh centro del miraggio
Altissimo amore.
Nessun commento:
Posta un commento